L'invention du Spoutnik, 25 ans déjà!

8 oct.

Le Spoutnik est un appareil qui fut inventé à la mine Minnova à Rouyn-Noranda en 1989. Plus de 10K Spoutnik ont été vendu à travers le monde. Cette invention a vu le jour grâce à Serge Dion, qui était un simple mineur de métier.  

 

 Dans une mine souterraine, le minerai est versé dans une cheminée où il arrive que les roches se bloquent entre les niveaux.  Il faut alors libérer l‘obstruction, une tâche dangereuse et difficile.

Serge n’aimait pas du tout effectuer ce travail.  Il utilisait des perches de bois, attachées les unes aux autres sur lesquelles on fixait des explosifs. Les travailleurs se trouvaient exposés à la chute de roches.  À l’époque, plusieurs décès eurent lieu alors que des travailleurs effectuaient des travaux de déblocage.

Un jour qu’il effectuait un travail avec un boyau d’air comprimé, il fut frappé par la puissance et l’idée lui vint d’utiliser cette force motrice pour faire monter un contenant d’explosif dans une cheminée. Le soir, il demanda à sa femme Nicole de lui coudre un petit boyau d’environ trois centimètres de diamètre et de huit mètres de long. De son côté, il modifia  une boîte de conserve selon son idée.  Ce premier petit prototype devait être petit pour qu’il puisse le cacher dans sa boîte à lunch.

Quelques jours plus tard, il était seul et il en profita pour faire son test. Il dirigea la boîte de conserve vers le plafond de la galerie et celle-ci monta jusqu’au plafond et resta en place jusqu'à ce qu’il ferme l’air. Quelle joie!  Il savait maintenant que son principe d’utiliser l’air comprimé comme force motrice  fonctionnait. 

Il demanda l’aide du gérant de la mine pour pouvoir tester son idée. Il fabriqua un premier prototype. Dès le premier essai, le Spoutnik réussit à monter une charge dans la cheminée. Le gérant de la mine, Monsieur Desrosiers, assigna quelqu’un  pour aider Serge à produire les dessins industriels pour l’aider à faire protéger son idée. Tout ce qu’il demanda en retour, c’était que Serge soit disponible pour s’occuper des blocages. 

 Étant donné l’ampleur de la problématique dans le domaine minier, il est conseillé à Serge de faire protéger l’appareil par un brevet. Celui-ci n’ayant pas beaucoup de scolarité se fit donc aider par sa femme Nicole. Celle-ci s’impliqua totalement pour faire les demandes et comptabiliser les dépenses qui provinrent toutes de leurs comptes d’épargnes personnels… Le produit fut finalement breveté en 1991. 

Les premières demandes pour le produit dans sa forme de prototype introduisirent le couple dans le monde des affaires. La première présence à l’exposition minière du CIM suscita beaucoup de demandes de plusieurs pays.

Le couple initia les démarches pour le développement technique du produit qui requis plusieurs transformations afin d’améliorer sa performance.

Serge et Nicole, qui avait très peu voyagé auparavant, visitèrent les mines de plusieurs pays et assistèrent à des expositions aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Australie, au Chili et au Pérou. 

Le produit connut un véritable succès et les témoignages vinrent de partout pour souligner l’avancement en sécurité.

En 1994, l’exportation représentait 20% des ventes et dix ans plus tard elle représentait près de 50%.  L’entreprise demeura toutefois petite, car les volumes de vente pour un produit aussi spécialisé demeurent modestes. 

Les deux entrepreneurs auraient peut- être vécu plus riches s’ils avaient gardé leur emploi, mais combien de fiertés, de défis et de belles expériences auraient-ils aussi vécus? Jamais ils ne regrettèrent leur choix.

 

 Plastiques G+ vit le jour grâce au Spoutnik en 1995, car c’est le fait d’avoir fabriqué des Spoutniks en plastique avec Serge qui donna l’idée à Dan (le gendre) et Nina  (la fille) de lancer une entreprise de plastiques pour les mines.

 

En 2006, Serge et Nicole décidèrent de vendre le Spoutnik à Plastiques G+ pour assurer la continuité du produit. Aujourd’hui, Serge et Nicole travaillent encore au sein de Plastique G+.

Depuis 1989, cette invention a sans aucun doute sauvé des vies, elle a permis à l’industrie minière d’avoir une solution plus sécuritaire pour les blocages, elle a fait briller l’expertise minière canadienne à travers le monde et elle a même fait naître une deuxième entreprise…

 

 

 

 

 

 Pas mal pour une idée…

  

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